» Sacrésulé (http://julien.zeblog.com/)

Julien

Bric à brac.

Calendrier

« Février 2010
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728

Blog

Derniers billets

Compteurs

Liens

Fils RSS

"Sarkozy : j'ai deux ans"

Par Julien :: 10/05/2009 à 22:42

 
Deux ans déjà que l’Etat, c’est lui et lui seul. Sous le masque de l’hyperprésident gesticulateur se confirme une pensée d’une affligeante pauvreté, allergique au dialogue et à l’autre. Illustration en dix points clés.
 
Le 05 mai 2009
 
En deux ans, depuis l’Elysée, Nicolas Sarkozy a moins changé la France qu’il ne l’a fixée dans ses incertitudes. Pétri de sa suffisante, quoique légitime, autorité, le Président a mis en orbite sa promesse de “rupture” à la force d’un poignet alourdi par sa Rolex. C’est la cohésion sociale qu’il fissure à coups de réformes brutales. Au lieu de rassembler, il oppose, plutôt que de fédérer, il divise. Bateleur permanent, il semble prêt à en découdre avec le premier contradicteur venu. Mais tellement sûr de son fait et sourd à la rumeur inquiète du monde, il se croit au-dessus des autres.

 

Ses discours provocateurs et insultants sont la marque de fabrique d’une idéologie de la “casse”, tous secteurs confondus, des ouvriers aux universitaires. Le mépris est sa manière désinvolte de s’adresser au peuple qu’il représente. Peu importe qu’il obéisse ou non à une stratégie délibérée de communication : la seule réalité qui compte tient aux effets de sa parole sur ses auditoires, souvent affligés par tant de condescendance. De ses propos “off”, dont il maîtrise pernicieusement les usages, aux discours publics, c’est une pure rhétorique du mépris que Sarkozy déploie savamment. Ses mots révèlent sa politique, ses insultes ses actions pratiques, sa hargne sa manière de considérer les autres.

 

Institutions

 

Un des traits saillants du mandat de Sarkozy est la fameuse “hyperprésidence”, cette façon de s’impliquer dans tous les domaines du pouvoir, de prétendre tout régler lui-même, de passer tous les jours à la télévision, de lâcher des petites phrases en permanence. Il suffit de se souvenir de la hauteur, de la présence à la fois distante et médiatiquement intermittente de ses prédécesseurs pour mesurer l’ampleur du changement. Cette omniprésence, combinée à la mise en avant de ses proches conseillers (Guéant, Guaino), relègue automatiquement dans l’ombre son Premier ministre et son gouvernement.

La constitution de la Ve République désigne la politique étrangère comme le domaine réservé du Président et stipule que le Premier ministre détermine et conduit la politique de la nation. On est très loin de cette lettre et de cet esprit quand on voit Nico Ier intervenir sur les banlieues, la presse, les universités, la politique économique, la fiscalité, les parachutes dorés, la nomination des responsables des chaînes télé-radio publiques, ou morigéner tel ou tel ministre et transformer François Fillon en Premier figurant de France. Cette façon de gouverner est aussi une manière de pervertir le fonctionnement des institutions. En concentrant le pouvoir exécutif dans ses mains et celles de personnes non élues et non politiquement responsables telles que Guéant et Guaino, Sarkozy foule au pied la séparation des pouvoirs et les mécanismes de contrepouvoir qui vont avec. L’hyperprésidence, c’est le mépris du Premier ministre, du gouvernement, du Parlement, de la Ve République et, in fine, des citoyens de ce pays.

 

Banlieues

 

Sarkozy et la banlieue, c’est d’abord l’histoire d’une instrumentalisation, d’une manipulation politique au mépris des populations. Les expressions “nettoyer au Kärcher”, “racailles”, “moutons égorgés dans la baignoire”, récupérées à l’extrême droite, ont mis le feu aux banlieues et imposé la menace barbare de sa jeunesse comme le mal absolu. Dès lors, Nicolas Sarkozy a manié bâton et belles promesses. Le candidat Sarkozy s’était ainsi engagé à lancer “un plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de nos quartiers”. “Enjeu de civilisation”, “réinventer la ville” : lors de la présentation du plan Espoir Banlieues début 2008, et comme à son habitude, Sarkozy s’emballe et empile les superlatifs à visée médiatique.

Mais, alors que les quartiers populaires subissent depuis longtemps une forte insécurité économique et sociale – taux de chômage à plus de 20 % – qu’aucun gouvernement ne s’est donné les moyens d’endiguer, la promesse de plan Marshall du Président restera lettre morte. Fadela Amara, la secrétaire d’Etat en charge de la politique de la ville, se retrouve sans moyens et bien esseulée alors que la politique de la ville, par essence, nécessite un effort interministériel impulsé au plus haut sommet de l’Etat. Exit insertion, éducation, logement, politique de l’emploi, rénovation urbaine, réforme de la fiscalité locale, redistribution des richesses, désenclavement des quartiers… Mais après tout, Nicolas Sarkozy ne s’intéresse vraiment aux banlieues que pour y expérimenter et y mettre en scène sa politique sécuritaire hautement médiatisée.

 

Dialogue social

 

Digne”, ou pas, “du Moyen Age” (tel que dénoncé par Ségolène Royal), le dialogue social pratiqué par Sarkozy a tout d’un dialogue de sourds. La volonté affichée de développer la négociation avec les partenaires sociaux (notamment au début de son mandat) ne peut dissimuler la réalité de sa stratégie de contournement. Lorsqu’une négociation a lieu, la menace de la faire passer en force est toujours là. Les millions de Français en colère dans les rues, les grèves à répétition n’auront jamais raison de lui : il ne les entend pas parce qu’il ne veut pas reconnaître qu’il les a vues. “Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit”, disait-il. Personne, c’est-à-dire lui. Car tout le pays s’en aperçoit largement, puisqu’il en ressent majoritairement la triste nécessité.

 

Justice

 

Que Sarkozy n’aime pas les juges est un triste fait. Mais, plus grave, son mépris pour la profession cache sa méfiance pour l’institution judiciaire elle-même. De sorte que sa politique en la matière obéit à ce que le magistrat Denis Salas appelle un “populisme pénal”, c’est-à-dire un appel direct au peuple, une instrumentalisation de l’émotion suscitée par les crimes. En épousant la colère de la victime, il cherche à discréditer les instances chargées de répondre à la violence par le droit. Outil pénal mis au service d’une vision sécuritaire des rapports sociaux, la justice sous le joug sarkozyste impose son carcan purement réactionnaire : peines planchers, rétention de sûreté, réforme de la justice des mineurs…

Comme le soulignait Robert Badinter, la rupture juridique actuelle est celle du passage d’une “justice de responsabilité” à une “justice de sûreté”. Cette vision populiste et rétrograde s’accompagne des éternels objectifs de rentabilité qui conduisent à des réductions du volume de personnel et de juridictions. Ultime corde de son arc de justicier : sa volonté affirmée de faire disparaître le juge d’instruction afin d’accroître le contrôle des procureurs par l’exécutif. Ce projet de confier les enquêtes à un Parquet dépendant de l’exécutif “modifierait en profondeur notre régime procédural”, ont ainsi dénoncé les participants aux récents Etats généraux de la justice, dont la juge Eva Joly.

 

Université et recherche

 

C’est parce que la recherche serait “nulle” qu’il faudrait la réformer, et si possible, sans que les chercheurs eux-mêmes n’aient voix au chapitre. Mieux que personne, le Président aurait ainsi trouvé la manière de faire de l’université française l’une des plus performantes au monde : en lui imposant contre son gré la culture du résultat, de l’évaluation, de la concurrence. Habité par l’idée absurde que l’université est une entreprise comme une autre, Sarkozy opère un tournant inédit dans l’organisation du monde intellectuel. Obsédé par les classements internationaux, qui souvent ne veulent rien dire, il cherche “à mettre au pas les universitaires” (selon l’expression du philosophe Marcel Gauchet) en les rendant tributaires de la gestion de leur “patron”, c’est-à-dire du président de leur université, qui, comme le directeur d’hôpital, imposera ses choix en dehors de toute collégialité.

Tout en méconnaissant totalement le monde universitaire, Sarkozy ne cesse de le prendre de haut. Et même lorsque la quasi-totalité de la communauté de ce secteur se mobilise avec une intensité jamais vue depuis des décennies, le pouvoir ne bouge pas d’un iota. Lorsque le 22 janvier, le Président se moque des chercheurs devant un parterre d’universitaires, ou lorsqu’il récidive quelques mois plus tard en réaffirmant qu’il ne changera rien à sa politique, malgré l’exaspération sur tous les bancs des facs de France, Sarkozy affiche une position maximaliste : son dédain est la marque de son incompréhension des enjeux du savoir.

 

Fiscalité

 

On peut au moins lui reconnaître une habilité de VRP politique : Nicolas Sarkozy vendrait une Rolex à un RMiste. Il est capable sans sourciller de vanter le “travailler plus pour gagner plus” et la méritocratie pour rassembler le vote populaire tout en menant une politique économique et fiscale clairement favorable aux plus riches et aux héritiers dont la loi Tepa (travail, emploi, pouvoir d’achat), ou “paquet fiscal”, est le socle. Ainsi, les études les plus récentes montrent que les gains de pouvoir d’achat sont très fortement concentrés parmi les plus hauts revenus. L’allègement des droits de successions profite à moins de 1% des Français, ce qui conduit à la reproduction des inégalités sociales et générationnelles et va à l’encontre de l’idée même de méritocratie.

Grâce au bouclier fiscal, 3500 contribuables très aisés ont touché un chèque de plus 110000 euros en moyenne. Les exonérations sur les heures sup, dispositif dont l’efficacité est loin d’être prouvée, freine l’embauche alors que le chômage explose et vide les caisses – à hauteur de plus de 4 milliards d’euros – quand la relance publique pour l’emploi serait nécessaire. Mais Sarkozy n’en a cure au moment où la crise éclaire d’une lumière crue la teneur idéologique d’une politique. Porteur d’une fausse image de pragmatique, Sarkozy est le tenant d’une politique fiscale injuste et dangereuse pratiquée par Reagan et prolongée par Bush père et fils, à l’origine de l’explosion des inégalités aux USA et de la crise financière actuelle.

 

Médias et culture

 

Les modèles économiques de la presse et des médias audiovisuels ont beau muter à grande vitesse, à la mesure du basculement vers la société numérique, un principe de réalité s’affirme pernicieusement dans les coulisses des télés, radios et journaux : la mainmise de Sarkozy sur les médias.

Dès le début 2008, sa réforme de France Télévisions annonçait clairement ce que beaucoup avaient compris depuis des années, tant il s’est toujours positionné au coeur du système dont il maîtrise à la perfection les arcanes et dont il fréquente les grands patrons (de Lagardère à Dassault, de Bouygues à Bolloré, tous sont ses amis). De la réforme de l’audiovisuel public à l’organisation d’Etats généraux de la presse, de la nomination des présidents de France Télévisions et Radio France à la manière de recapitaliser les journaux, Sarkozy tient à tout contrôler.

La méthode est toujours la même : l’abus de pouvoir, tant il néglige les travaux des professionnels, contourne les parlementaires, considère ses interlocuteurs avec une suffisance paternaliste, voire de manière faussement complice… En osant affirmer que rien ne différencie le privé et le public, il hystérise les salariés de France Télévisions, qui, comme les autres, ont dû rentrer dans le rang de leur entreprise unique, bientôt contrôlée par l’Elysée. Réceptif aux lobbies des groupes privés, dont il sert les intérêts face au secteur public, dont il ne cesse de dire du mal, Sarkozy instaure le règne du faux-semblant : en faisant valoir son intérêt pour l’audiovisuel public, il met en place les conditions de son affaiblissement, sinon de son démantèlement.

La politique culturelle, moins évidente à percevoir, relève de cette même logique du désengagement de l’Etat : au nom de la satisfaction recherchée des publics, Sarkozy met en place une politique purement libérale, où les audiences, les profits, les fréquentations sont les seuls référents. Baisse des crédits, gel des subventions, précarisation des intermittents : la culture est à sec, Sarkozy l’a dépouillée. A la gestion avare de ses crédits, il ajoute l’ambiguïté de sa

stratégie : la nomination de Marin Karmitz à la présidence d’un obscur Conseil pour la création artistique, en parallèle à l’action de Christine Albanel, la ministre en place, participe d’une technique de mise en concurrence parmi ses propres alliés. Ce parasitage pourrait effacer d’autant plus l’action d’un ministère déjà fragilisée.

 

Etranger

 

Par sa personnalité, sa pratique, son langage et son comportement, Sarkozy est un cas de figure inédit en France dans le cadre des relations internationales. Certes, il a été reconnu pour son énergie à mobiliser l’Europe au moment de la crise ou pour son obstination à organiser le G20 et on peut être beau joueur en lui accordant ces quelques succès symboliques. Mais c’est surtout par ses écarts de langage ou ses manières cavalières que notre Président bouscule les usages diplomatiques.

Souvenons-nous du fameux discours de Dakar, texte schizophrène qui commençait par condamner le colonialisme puis poursuivait en considérant de façon très ethnocentrée et paternaliste que l’Afrique n’avait pas évolué au rythme de l’histoire. Les Africains l’ont encore en travers de la gorge et il y a de quoi : de tels propos, dans la bouche d’un chef d’Etat, en 2007, sont le signe d’une grave ignorance, ou bien d’un profond mépris, ou des deux. Mépris encore quand Sarkozy envoie des piques à Obama, ou encore quand il manie (mal) le second degré en suggérant que Zapatero n’est pas très intelligent.

Il convient quand même de noter que Sarkozy fait son Tartarin uniquement avec des démocraties ou des pays non puissants. Ainsi, il a vite ravalé ses grands projets en matière de droits de l’homme (souvenons-nous, son premier discours de Président, “Je sauverais la veuve et l’orphelin partout dans le monde”) quand il s’adresse à des dictatures à gros bras et gros contrats commerciaux comme la Russie ou la Chine.

 

Immigration

 

Dans la politique d’immigration actuelle, l’étranger est transformé en pur produit comptable. Le sarkozysme se shoote aux expulsions de sans-papiers. Les 30000 expulsions par an traduisent le credo du chef : “Je fais ce que je dis.” Les quotas camouflent l’Autre mais ils ne disent rien des noms, visages, familles brisées, injustices, morts, ni de la peur, de la chasse aux enfants, des arrestations aux guichets des préfectures, de la délation…

La politique d’immigration, assumée aujourd’hui par le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale Eric Besson, est l’incarnation ultime et tragique du cynisme et de la déshumanisation d’une machinerie d’Etat. Exigeant de tous ses rouages et de la société qu’ils participent à la traque au profit d’une politique dont les spécialistes dénoncent l’irrationnalité économique et démographique.

La seule raison d’être de ces quotas est la mise en scène du volontarisme d’un homme élu en siphonnant l’électorat du Front national. En étendant l’autonomie préfectorale en matière migratoire, cette politique met à mal l’égalité républicaine. Dernière réforme en date, la procédure de naturalisation se fera désormais à l’appréciation des préfets, rompant avec le principe constitutionnel d’égalité devant la loi.

 

Sécurité et police

 

En faisant de la sécurité le point nodal de sa politique, Sarkozy a opéré le hold-up parfait. Racolage passif, délits commis en bande, augmentation des peines pour les récidivistes… : depuis 2002 et son arrivée à l’Intérieur, il a aligné treize lois répressives. La règle en Sarkozie ? Chaque fait divers mérite sa loi. En difficulté à l’approche d’une élection ? Sarkozy ressort son costume de superflic pour reprendre la main. A l’aube des européennes, il refait le coup avec une loi anticagoule et une autre pour lutter contre les bandes.

Peu importe que même les syndicats de police estiment que cette dernière n’est pas nécessaire au vu de l’arsenal législatif déjà existant. Peu importe que la loi sur le racolage passif mette en danger les prostitué(e)s en les poussant aux marges des villes. Peu importe que la rétention de sûreté ébranle le socle de la justice en détenant préventivement. Peu importe que certaines de ces lois soient inapplicables. Car pour le chantre de la “culture du résultat” et de “la tolérance zéro”, seul compte le temps de l’annonce médiatique gonflée aux chiffres douteux. In fine, son bilan n’est pas brillant : si les atteintes aux biens diminuent, les vols avec violence et les violences aux personnes augmentent. Le Président se targue d’un taux d’élucidation de 37 % contre 25 % en 2002 ? Cette amélioration est à mettre au crédit de la politique du chiffre qui se nourrit de petits délits (fumeurs de joints) et d’arrestations de sans-papiers.

Nicolas Sarkozy détourne à son profit les moyens humains et financiers de la police au détriment de la sécurité, et de la liberté, des citoyens qui l’ont élu. Le dernier rapport de la Ligue des droits de l’homme dénonce l’augmentation depuis son élection des atteintes aux libertés publiques (fichages, vidéosurveillance, surpopulation carcérale, explosion des gardes à vue, lutte contre le terrorisme…). Dont la mise en détention de Julien Coupat est la dernière manifestation.

 

Serge Kaganski, Jean-Marie Durand et Anne Laffeter (les inrocks)

Monsieur le Président, par Eva Joly

Par Julien :: 22/01/2009 à 21:46
"Supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir politique. Votre discours ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les enquêtes. Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie, porte la marque du stratagème politique.
Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant. Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire. La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques.
Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs. John Locke l'a observé justement : "C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites." Il ne fait pas bon en France incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat en France peut en témoigner.
Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France" ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus puissant de France, c'est vous. Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective.
LE SPECTACLE DE L'IMPUNITÉ
A de rares exceptions, en matière financière, il n'y a plus que des enquêtes préliminaires, et des dossiers bouclés dorment dans les tiroirs. La liste des enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à l'encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa.
La justice aurait dû enquêter pour crever l'abcès. Elle ne l'a pas fait, laissant se répandre le poison du soupçon et le spectacle de l'impunité. Une justice dépendante, c'est une justice qui n'ouvre pas d'enquête lorsque les faits déplaisent au pouvoir. Rappelez-vous du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Il n'y eut jamais aucune enquête ! Aucune condamnation ! Parce que le parquet ne le jugea pas opportun.
Est-ce cette face-là de la justice qu'il faut faire ressortir au XXIe siècle ? Le juge d'instruction est le fruit de notre histoire. Il n'existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d'arbitraire. Peu importe qui mène les enquêtes pourvu que les magistrats soient préservés des pressions ; pourvu que les investigations puissent être conduites, ne soient pas étouffées dans l'oeuf.
Vous voulez confier les enquêtes au parquet ? Cela se peut, mais il faut alors rendre le parquet indépendant de votre pouvoir, ce qui, vous en conviendrez, n'a guère été votre choix. Les contempteurs des juges d'instruction affirment qu'il est impossible d'instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n'ayez l'intention d'accorder aux avocats un pouvoir d'enquête... Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l'image de la justice américaine.
En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l'arbitraire et l'inégalité. Face à un projet qui foule aux pieds l'idéal de 1789 d'égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet."
| 15.01.09 |
 
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/01/15/monsieur-le-president-par-eva-joly_1142173_3232.html

Pierre Rigal

Par Julien :: 17/01/2009 à 19:04

Magnifique "Asphalte" à théatre de Suresnes...

Un déluge de couleurs et de mouvements, la danse urbaine à l'état brut, l'humeur et l'humour en toile de fond... un régal :

http://www.suresnescitesdanse.com/?page=spectacle&page2=suresnes&id=13

Quand Sarkozy vantait les subprimes...

Par Julien :: 26/10/2008 à 08:07

Le fichier Edvige ou la vie des autres...

Par Julien :: 27/07/2008 à 11:10

 

par E. Sire-Marin, magistrat, Fondation Copernic

Ces analyses sont développées dans une Note de la Fondation Copernic à paraître chez syllepse en septembre 2008 "L’indigent et le délinquant, punir les pauvres"

Un décret du 27 juin 2008 a soulevé l’indignation de la Ligue des Droits de l’Homme, du Syndicat de la magistrature, du Syndicat d’éducateurs SNPES PJJ (FSU), de la LCR, du PCF et du PS, car il autorise désormais le fichage, sous le doux nom de fichier "EDVIGE"(1), de toute personne "ayant sollicité, ou exercé un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». En clair, tous les citoyens s’étant un jour investis dans la vie publique. On est vraiment dans le film "la vie des autres" puisqu’il s’agit bien de centraliser dans un fichier policier les opinions politiques ou syndicales de tout un chacun, pour peu qu’il soit secrétaire de section syndicale, conseiller municipal, ou membre d’un comité d’entreprise ... Il est également prévu de ficher toute personne de plus de 13 ans, tout groupe ou organisation dont l’activité est "susceptible de porter atteinte à l’ordre public" et de permettre aux services de police "d’effectuer des enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois ou à certaines missions". Donc, les mineurs considérés comme menaçants par la police figureront dans Edvige, ainsi que toute personne qui voudra passer un concours administratif, ou avoir un emploi dans la sécurité.

La CNIL (2) a elle-même émis des réserves sur le très large accès à ce fichier, puisque tous les policiers et gendarmes de France pourront, "sur demande expresse", consulter toutes les informations relatives aux fréquentations, au comportement, aux déplacements, aux opinions au patrimoine, au véhicule..., avec "photographie et signes physiques particuliers" de l’intéressé.

C’est donc peu dire que ce nouveau fichier est gravement attentatoire aux libertés fondamentales, puisqu’il instaure une présomption de culpabilité avec fichage illimité pour toute personne engagée dans la vie publique et pour certains mineurs soupçonnés d’appartenir à des "bandes".

Le prétexte de ce fichage massif est l’affrontement de deux bandes rivales dans le 19ème arrondissement de Paris, le 21 juin, laissant un blessé grave sur le trottoir, victime en outre d’insultes antisémites. Rachida Dati avait immédiatement annoncé qu’elle allait créer un fichier des "bandes". Et elle en profite pour l’étendre aux bandes ...de militants politiques ou syndicaux.

Comme d’habitude, on se saisit d’un fait divers malheureusement banal pour donner à la police des pouvoirs disproportionnés : des dizaines d’affaires identiques sont jugées à Paris chaque année, des jeunes de 14 à 20 ans s’affrontant à coup de démonte- pneus et de gazeuses, au motif qu’ils n’habitent pas la même cité, alors qu’ils vivent le même désarroi social et les mêmes discriminations raciales. Le phénomène n’est pas nouveau, il existait déjà dans les années 1960, avec les "blousons noirs". Mais depuis 2002, l’UMP s’est employée à répondre en termes exclusivement sécuritaires à ces violences qui expriment avant tout une déliaison collective, une décomposition du tissu social liée au chômage de masse des jeunes des cités.

Chaque fait divers a été l’occasion pour Nicolas Sarkozy de faire voter un nouveau texte répressif, dont l’objectif est toujours le même. Stigmatiser comme délinquante une partie de la population considérée comme inintégrable, inemployable, et dangereuse : les jeunes des banlieues, les SDF, les prostituées, les malades mentaux, les étrangers sans papiers..., et maintenant les citoyens engagés, les ficher, et les punir.

Comme d’habitude, on claironne une nouvelle mesure répressive, alors que la police et la justice sont déjà parfaitement armées, et même bien trop, sur le plan du fichage. Ainsi 16 lois sécuritaires ont été votées depuis 2002 (3), afin de donner toujours plus de pouvoirs à la police pour contrôler les identités, placer en garde à vue (4), effectuer des perquisitions, poser des écoutes téléphoniques et des caméras de video-surveillance.

De très nombreux fichiers policiers ont été créés, dont le STIC (5), qui contient 7,5 millions de fiches de "mis en cause", conservées pendant 20ans, et le FNAEG (6), qui n’est absolument pas un fichier spécialisé pour les délinquants sexuels, puisqu’y figurent pendant 25 ans les personnes interpellées pour vols, recel, dégradations et violences volontaires, outrages et rébellion.. C’est ce fichier FNAEG qui vaut à des nombreux militants le recueil de leurs empreintes ADN, sous peine d’être condamnés à un an d’emprisonnement.

Le point commun de tous ces fichiers de police est de contenir des fiches de mineurs et de personnes simplement soupçonnées par la police, dont beaucoup n’ont jamais été condamnées. Ainsi, s’agissant des bandes, il existait déjà, avant l’annonce de la création d’un fichier spécial, la possibilité de retrouver les mineurs ou les majeurs membres de groupes violents avec le STIC, le FNAEG....et le fichier "CANONGE", fichier policier légalisé par la loi 12 décembre 2005. Il permet à tout service de police judiciaire de classer par caractéristiques les personnes interpellées dans les années précédentes ; sur un simple clic d’ordinateur, la police peut retrouver une personne déjà connue, correspondant à un critère précis. Par exemple, si une victime a remarqué que son agresseur portait des lunettes, ou la barbe, ou avait une tâche sur le visage, ou telle couleur de peau, la police fait défiler sur l’écran des dizaines de photographies comportant ce signe particulier, avec une légende concernant les antécédents de la personne, Evidemment , le critère d’appartenance à une "bande"peut être lui aussi être entré dans le fichier Canonge, comme tous les autres critères, et sélectionné en cas de bagarres pour rechercher les auteurs. Si tant est, d’ailleurs, que ce critère ait un sens, alors qu’un adolescent peut très bien fréquenter des copains de son quartier sans pour autant être dans une bande organisée !

C’est ce que n’avaient pas vraiment compris les "Renseignements Généraux"(7) , qui avaient tiré de fumeuses explications "ethniques"des émeutes des banlieues en 2005, dans un rapport qui leur valu une plainte de SOS racisme.

C’est ainsi des principes tels que la présomption d’innocence, le droit à la protection de ses données personnelles, le droit à la sûreté (8) sont déjà fortement mis à mal par l’existence d’ innombrables fichiers de police (9), au nom de la "sécurité".

Pourquoi donc créer ce nouveau fichier EDVIGE, si ce n’est pour permettre à la Garde des Sceaux, Rachida Dati, de réoccuper l’espace médiatique qu’elle a perdu, en faisant d’une pierre deux coups : le fichage des mineurs des cités et celui des militants ? L’utilisation politique de la sécurité et de l’idéologie victimaire est un ressort constant de ce gouvernement, dès qu’il s’agit de masquer le tragique échec des promesses présidentielles en matière de chômage et de pouvoir d’achat.

Le populisme pénal permet depuis 6 ans à l’UMP de remplacer l’antagonisme dominants/dominés, par le clivage coupables/ victimes. Même les grèves donnent lieu à cette analyse, les usagers étant les otages-victimes et les grévistes étant les coupables. Chacun est ainsi renvoyé à sa faute et à sa responsabilité individuelle, qu’il s‘agisse de problèmes de délinquance, de santé publique, d’éducation, d’immigration ou d’emploi.

Le véritable objet des lois sécuritaires est bien là : Il ne s’agit pas de lutter réellement contre la délinquance. Les chiffres calamiteux de la hausse des violences contre les personnes attestent d’ailleurs de l’inefficacité totale de la politique de tolérance zéro du gouvernement (10).

Le bénéfice idéologique recherché de cette idéologie sécuritaire est bien de masquer les réelles inégalités économiques et sociales de ce pays, la police étant utilisée comme le bras armé de la substitution de l’état pénal à l’état social.

Notes :

(1) "Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale" .

(2) CNIL : Commission nationale de l’informatique et des libertés

(3) Voici la liste des 16 lois sécuritaires votées depuis 2002, auxquelles il faut ajouter deux autres textes pénaux de caractère technique sur les juges de proximité et l’équilibre de la procédure pénale : Loi programmation de la justice du 3 août 2002/ Loi Perben 1 du 9 septembre 2002/ loi Sarkozy du 18 mars 2003 sur la "sécurité intérieure"/ Loi sur l’immigration du 26 novembre 2003/ Loi sur l’asile 10 décembre 2003/ loi Perben 2, "criminalité organisée" du 9 mars 2004/ Loi 26 janvier 2005 sur les juges proximité/ Loi 18 novembre 2005 sur la déclaration de l’état d’urgence/ Loi 12 décembre 2005 sur la récidive/ Loi 23 janvier 2006 contre le terrorisme / Loi 31 mars 2006 ," égalité des chances"/ Loi immigration 26 juillet 2006 " immigration choisie"/ Loi prévention délinquance 15 mars 2007 / Loi récidive 10 août 2007/ Loi Hortefeux 20 novembre 07 sur les étrangers (tests ADN )/ Loi rétention de sûreté du 25 février 2008.

(4) Le nombre de gardes à vue a doublé depuis 2000 : 562 000 personnes ont été gardées à vue en 2007. Ce sont surtout les étrangers en situation irrégulière qui sont concernés par cette augmentation exponentielle des gardes à vue (ils représentent le quart des gardes à vue) et les usagers de stupéfiants , cannabis et crack surtout(43 000 en 2007 !)

(5) STIC : système de traitement des infractions constatées ; il est consulté 30 000 fois par jour (Le Monde 2007)

(6) FNAEG : fichier National automatisé des empreintes génétiques, créé par la loi Vaillant du 15 nov. 2001, dite "sécurité quotidienne", et étendu par la loi sécurité intérieure du 18 mars 2003. Il contient déjà 500 000 ADN.

(7) Les renseignements généraux ont fusionné avec la DST, au sein de la nouvelle DCRI (Direction Centrale du renseignement Intérieur), depuis le 1er juillet 2008 . On peut d’ailleurs se demander si le fichier Edvige n’est pas créé afin de donner un puissant outil de surveillance à ce nouveau service concentrant deux polices politiques jusqu’ici concurrentes.

(8) La Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 n’a jamais proclamé le droit à la sécurité, mais le droit à la sûreté, c’est à dire le droit de ne pas subir l’arbitraire de l’état, ce qui est bien différent.

(9) 33 Fichiers de police et de gendarmerie ont été recensés en 2006 par Alain BAUER, président de Observatoire national de la délinquance(http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/064000885/index.shtml.

(10) Les violences contre les personnes ont augmentées de 14,1% depuis 2005 (sur la Seine St Denis la délinquance a augmenté de 7,6 % depuis janvier 2006), chiffres de l’observatoire national de la délinquance.

 

Sarkoland

Par Julien :: 27/07/2008 à 11:08

Sarkozy laicite sarkosi sarkozi sarkosy sarkostique constitution democratie

Communiqué du collectif Non à EDVIGE :

Par Julien :: 27/07/2008 à 10:36

 

Le 16 juillet 2008, 33 organisations du Collectif Non à EDVIGE se sont réunies pour dénoncer le décret du 27 juin 2008 créant le fichier EDVIGE (Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information Genérale) et ses attaques contre les droits et les libertés publiques (fichage des militants) et individuelles, contre les droits des enfants (fichage des mineurs), contre le respect de la vie privée (vie sexuelle, état de santé, comportements...), et pour organiser la riposte.

À ce jour, près de 20.000 personnes et près de 200 organisations ont signé l’Appel en ligne « Pour obtenir l’abandon du fichier EDVIGE » (http://www.nonaedvige.ras.eu.org), manifestant une inquiétude évidente des citoyens face aux atteintes à la vie de notre démocratie contenues dans ce fichier.

Les organisations réunies dans ce collectif vont poursuivre et étendre les actions déjà en cours, qu’il s’agisse notamment de la signature de la pétition en ligne ou du recours contre le décret.

Elles donnent rendez-vous à la presse début septembre pour dévoiler les actions qui seront proposées à l’ensemble des citoyens dans le but de porter le coup de grâce à ce fichier scélérat.


Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).

A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.

En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …

La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.

Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.

Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.

Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.

C’est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :

- exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit,

- sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l’enfant,

- s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.

Signer en ligne : http://nonaedvige.ras.eu.org/

 

Cocoon

Par Julien :: 28/05/2008 à 22:57

Un chef de l’Etat politiquement irresponsable

Par Julien :: 11/03/2008 à 19:54

En plaçant le président de la République hors de toute atteinte, hors de tout contrôle (y compris judiciaire) pendant cinq ans, la Constitution établit la possibilité du pouvoir absolu. Oubliant les leçons des fondateurs de la République américaine, et d’abord qu’une Constitution n’est pas faite pour encadrer l’action d’hommes vertueux, ou encore celle bien plus ancienne de Thucydide, selon qui tout homme va toujours jusqu’au bout de son pouvoir, la Ve République érige subrepticement le fait du prince en principe de gouvernement, le bon plaisir en marque d’excellence politique. Depuis 1959, avant même que soit instauré le principe de son élection au suffrage universel direct, aucun président n’a échappé à la tentation du pouvoir absolu.

Seule différence, peut-être, entre Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs : l’impudeur. Le sixième président de la Ve République ne prend même pas la peine de cacher sa jouissance de ce pouvoir sans entraves, son ivresse d’une puissance sans bornes. Il y trouve un plaisir presque infantile. Le Président en devient indécent, dit-on de toute part, mais le titulaire du rôle n’en a cure. Il est là jusqu’en 2012, et nul ne pourra le déloger d’une telle position, quoi qu’il fasse. La critique, voire le dégoût qu’inspire la conception sarkozienne du rôle présidentiel ne doivent pas pour autant faire oublier que c’est la Ve République qui permet Sarkozy, mais aussi - et cela explique ceci - que la France est la seule démocratie parlementaire au monde où le chef de l’Etat est un gouvernant suprême effectif et, dans le même temps, politiquement irresponsable.

Pouvoir et responsabilité vont de pair en démocratie. Tel n’est pas le cas en France dès lors que nous avons accepté, au fil des cinquante dernières années, que le président de la République accapare entièrement un pouvoir gouvernant déjà surdimensionné par la Constitution de 1958, mais sans être soumis au contrôle des parlementaires. Il suffit pourtant d’un gramme de curiosité pour mesurer le caractère extravagant de cette situation. Les Premiers ministres anglais, allemand ou encore espagnol sont très puissants, mais chacun doit rendre des comptes, en permanence, sans pouvoir s’y soustraire. Faute de contrepoids, l’hyperpuissance présidentielle tourne inévitablement à l’autoritarisme et à la confusion. Jacques Chirac, après d’autres, nous en avait déjà donné d’exceptionnelles illustrations - par exemple, en avril 2006, en promulguant une loi tout en demandant à son gouvernement, par le même mouvement, de ne pas la promulguer ; Nicolas Sarkozy y ajoute l’exhibitionnisme.

Que faire d’un tel constat ? Faut-il considérer que la question constitutionnelle n’a pas grande importance et que les dérives que chacun constate sont le produit inéluctable de toute forme de pouvoir ? La Ve République est bien sûr ce qu’en font ses dirigeants, et le «poisson pourrit toujours par la tête», comme dit le proverbe africain. Mais la question importante n’est pas tant celle de la qualité des hommes qui habitent les palais de la République, que celle d’un système institutionnel qui empêche qu’ils soient comptables de leurs actes, et qui ne peut alors se prémunir du risque d’arbitraire et des abus de pouvoir des gouvernants. Il est donc important de revenir à la question des institutions, en partant de cette leçon essentielle de l’histoire pluriséculaire de la construction démocratique : il n’y a pas de pouvoir légitime sans responsabilité. Voulons-nous vraiment changer quelque chose dans notre République ? Alors posons, comme préalable, la restauration du principe de responsabilité politique. Cela ne nous fera pas échapper à un Sarkozy (comme les Italiens n’ont pas échappé à un Berlusconi), mais cela nous permettra de nous en défendre. C’est la conception même du pouvoir - de tous les pouvoirs (de celui du maire à celui du président de la République) - qui doit être repensée, et c’est cela que nous nommons VIe République.

Que doit être cette VIe République ? Un outil de démocratisation capable de rouvrir un système politique cadenassé sur lui-même, brinquebalé de surcroît par les logiques communicationnelles de la société du spectacle, incapable de produire autre chose que déception, scepticisme voire dégoût, devenu une machine à trahir et à détruire. Comment y parvenir ? Rien de très compliqué. Commençons par trancher le nœud gordien en repensant totalement le rôle présidentiel pour l’accorder aux canons des grandes démocraties contemporaines. Il suffit d’empêcher le Président de s’immiscer dans le fonctionnement quotidien du gouvernement - qui est seul à pouvoir répondre de sa politique devant l’Assemblée nationale - en lui retirant ses compétences gouvernantes. Le Premier ministre mènerait alors la politique décidée lors d’élections législatives, selon un schéma commun à toutes les démocraties européennes : vote d’investiture du gouvernement lors de son entrée en fonction, collaboration du gouvernement et du Parlement tant que la confiance est maintenue (ce qui oblige les ministres à venir s’expliquer en permanence devant la représentation nationale), vote de défiance des parlementaires dans le cas inverse, démission du gouvernement et/ou retour des députés devant leurs électeurs dans cette dernière hypothèse.

Pour cela, il faut bien sûr rétablir le rôle de nos représentants et faire du Parlement un lieu de délibération où les gouvernants prennent de véritables risques. Ce qui implique de donner de nouveaux pouvoirs et plus d’autonomie à nos représentants, mais aussi de repenser le cadre de la représentation politique : instaurer le mandat unique, limiter le cumul des mandats dans le temps et mettre en place un statut des élus - afin de limiter les effets néfastes de la professionnalisation politique, de favoriser le renouvellement des élites politiques et d’assurer une meilleure représentativité sociologique de nos représentants. Avec la clarification du rôle présidentiel, la «parlementarisation» de notre régime est la condition première d’une renaissance démocratique. Et ce qui vaut pour l’Elysée ou pour le Parlement doit valoir dans chaque mairie, chaque département et chaque région, alors qu’aujourd’hui c’est la confusion des pouvoirs qui prévaut dans toutes les collectivités territoriales. La VIe République doit être celle de la démocratie locale, comme elle doit être celle d’une citoyenneté véritablement participante. Il suffit d’être assez nombreux pour le vouloir…

Bastien François, professeur à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne.

Libération : mardi 11 mars 2008

Dernier ouvrage paru :Misère de la Ve République, Points, 2007.

 

 

 

Yes we Can !

Par Julien :: 01/03/2008 à 17:13
 
... avec entre autres Will.I.Am (Black Eyed Peas), Scarlett Johansson, John Legend , Herbie Hancock, Kate Walsh, Kareem Abdul Jabbar, Jesse Dylan, Nicole Scherzinger...
 
... et Barack Obama !

Le mythe d’un pays gréviste

Par Julien :: 15/11/2007 à 20:00


 par François Doutriaux, consultant juridique indépendant, spécialisé en droit du travail et en droit pénal.
Libération : mercredi 14 novembre 2007
 
 
La France serait une nation «grévicultrice» : le pays du «droit de paralyser» (le Figaro, 17 février 2004), qui préfère la «guerre sociale aux compromis» (le Monde, 26 mai 2003) et souffre d’une «forme d’infirmité que ne partagent pas nos voisins européens» (Christine Ockrent, les Grands Patrons, 1998) car «nul autre pays occidental ne se comporte ainsi» (l’Express, 5 juin 2003). Un bref rappel de la réalité historique et statistique de ce phénomène n’est donc pas sans intérêt.
 
Premier élément du mythe, la France serait un pays de grévistes.
Le nombre de journées individuelles non travaillées pour fait de grève était de 4 millions en 1976, 3,5 millions en 1984, 2,1 millions en 1988, 900 000 en 2000, 1,2 million en 2005. En dehors de pics spécifiques (1982, 1995, 2001), l’ampleur et la fréquence des mouvements sociaux ne cessent de diminuer alors même que la population active ne cesse d’augmenter. La fonction publique se substitue par ailleurs progressivement aux salariés privés dans le cadre des conflits sociaux. En 1982, 2,3 millions de journées grevées étaient comptabilisées dans le secteur privé, pour 200 000 seulement dans le secteur public. En 2005, 224 000 dans le privé pour 1 million dans le public. La part du public dans les mouvements sociaux est passée de 3 % dans les années 70 à 30 % à la fin des années 80 puis à 60 % à compter du milieu des années 90.

En effet, les principales causes de cet effondrement statistique concernent les salariés du secteur privé. Ainsi de la précarisation des emplois, du chômage, de la désindustrialisation, de la désyndicalisation ou du démantèlement progressif du droit du travail. Un salarié en CDD ou en CNE va-t-il faire grève ? Les restrictions budgétaires successives et l’effritement graduel des avantages spécifiques de la fonction publique, combinés au nombre relativement important des fonctionnaires, expliquent également ce glissement. Enfin, le statut particulier des agents de l’Etat facilite l’exercice du droit de grève, de plus en plus théorique pour de nombreux salariés privés. Dans le secteur privé, les 224 000 journées de grève en 2005 représentent, à l’aune d’une population active de 16 millions de salariés, 0,01 journée par salarié et par an. Sur une carrière professionnelle de quarante années, un salarié français fera donc grève moins d’une demi-journée, un fonctionnaire moins de quatre jours. Des chiffres à comparer avec les trente-trois millions de journées non travaillées pour cause de maladie en 2005. La grève apparaît cent quarante-sept fois moins pénalisante pour notre économie que les arrêts maladies. La réalité est donc fort éloignée des phénomènes massifs souvent évoqués.

Second élément du mythe, la France recourrait davantage à la grève que ses voisins.
Sur la période 1970-1990, la France est onzième sur les dix-huit pays les plus industrialisés en termes de journées non travaillées pour fait de grève. Avec 0,15 journée grevée par salarié et par an, elle est 7,6 fois moins conflictuelle que l’Italie (première), 3,2 fois moins que le Royaume-Uni (septième), 1,6 fois moins que les Etats-Unis (huitième). Sur la période récente (1990-2005), la France demeure onzième sur dix-huit, avec une conflictualité qui s’est effondrée (0,03 journée de grève par salarié et par an) et demeure toujours inférieure à la moyenne (0,04 journée grevée). Les modèles nordiques – réputés en France pour la qualité du dialogue social qui y régnerait – se situent en tête du classement : le Danemark est premier, la Norvège quatrième et la Finlande septième. Ainsi la «flexsécurité», tant vantée par les dirigeants français, semble caractérisée par un niveau de conflictualité nettement plus important. Un paradoxe qui ne semble pas intéresser les défenseurs de son introduction progressive dans notre pays. La France, en dessous de la moyenne des pays industrialisés, n’est certainement pas le berceau de la «gréviculture» décriée par nos médias et nombre de nos politiques.

Troisième élément du mythe, les grèves françaises se caractériseraient par des journées nationales destinées à paralyser l’activité économique.
Sur la période 1970-1990, les conflits localisés représentaient 51,2 % des journées non travaillées pour fait de grève, loin devant les 34,9 % de conflits généralisés (propres à une profession) et les 13,9 % de journées nationales d’action. Sur la période plus récente (1990-2005), les conflits localisés représentent 85 % des grèves, pour 14 % de conflits généralisés et seulement 1 % de journées nationales ! La France est treizième sur dix-huit en termes de mobilisation des grévistes.
 
Que pouvons-nous en conclure ? Pays le plus faiblement syndicalisé de l’Union européenne, marqué par un taux de chômage élevé et une hostilité croissante des médias à l’égard des mouvements sociaux, la France n’est pas un pays de grévistes.

Pourquoi, dans ce cas, Nicolas Sarkozy promettait-il avant son élection qu’«au bout de huit jours d’un conflit social, il y aura obligation d’organiser un vote à bulletin secret pour que la dictature d’une minorité violente ne puisse imposer sa loi sur une majorité qui veut travailler» ?Outre le caractère insultant de cette promesse à l’égard des grévistes «violents» et «dictatoriaux» et la manifeste méconnaissance dont atteste notre président en ce qui concerne le droit de la grève, quel est l’intérêt d’une telle mesure dans un pays où 98 % des conflits sociaux durent moins de deux jours ? Le droit de grève est une liberté constitutionnelle et individuelle pour chaque salarié, ce qui est incompatible avec une quelconque validation majoritaire. De plus, son exercice se heurte à la liberté du travail : aucun gréviste ne peut entraver le droit d’un salarié non gréviste de travailler sans engager sa responsabilité civile et pénale. C’est là le paradoxe fondamental de cette proposition : dans le cas d’une validation par une majorité de salariés, la «dictature» de cette majorité imposerait sa loi sur la minorité qui souhaite travailler. Et ne le pourrait plus ! Nicolas Sarkozy inaugurerait donc la première législation sociale encadrant le droit de grève dans le secteur privé, mais contrevenant simultanément à la liberté de faire grève et à celle de travailler.

La loi du 21 août 2007, relative à la grève dans les transports, ne concerne que le secteur public et se contente pour l’essentiel de reprendre le dispositif de dialogue social préexistant en l’aménageant de gadgets (l’obligation d’un préavis au préavis, dont l’utilité laisse dubitatif). Elle ne prévoit aucune réquisition, n’empêche nullement l’ensemble des salariés d’une entreprise publique de faire grève. Elle ne garantit donc en rien un quelconque service minimum. Un texte pour l’essentiel vide de tout contenu autre que purement proclamatoire, très éloigné des promesses de campagne de notre président. Telle est peut-être l’explication finale de la position actuelle de nos dirigeants quant au droit de grève : des proclamations destinées à satisfaire tant l’hostilité (réelle) des médias que celle (supposée) de la population. Ainsi alimente-t-on, sans doute à dessein, les préjugés de ses concitoyens…

Wonder-Brard

Par Julien :: 03/11/2007 à 10:06

Signez la pétition contre les tests ADN

Par Julien :: 06/10/2007 à 10:52

Le site du familistère Godin à Guise...

Par Julien :: 02/10/2007 à 20:32

Sarkoland

Par Julien :: 25/09/2007 à 21:35

le Wech 209
envoyé par mozinor

Nina got life

Par Julien :: 29/07/2007 à 11:07

Par Julien :: 22/07/2007 à 09:26

"Vivons nos valeurs !"

par Razzye Hammadi

 

"Nous sommes face à un hyperprésident. Il use de toutes les prérogatives offertes par l’actuelle Constitution, et même au-delà. Il souhaite renforcer et étendre ses pouvoirs. C’est son programme. Que le premier ministre se fasse hara-kiri sous l’oeil médusé de l’Assemblée ne choque d’ailleurs plus personne. On nous avait annoncé un Fillon de Rambouillet, partageant la demeure d’un général parti de là pour entrer dans Paris, la libérer et y prononcer le discours de la Libération le 25 août 1944. Au final, ce fut le lieutenant de Rambouillet, suspendu au perchoir, lisant son tract, le soumettant à l’Assemblée. Quand il sera devenu un fantôme, alors l’entrée de Nicolas Sarkozy au Palais-Bourbon n’étonnera plus personne.

La manière n’est pas en reste. On pourrait être étonné de l’intérêt porté par Nicolas Sarkozy à la « compétence » de toute personnalité venant de la gauche. Pour lui tout socialiste est bon à prendre. Il missionne, consulte, sollicite et surtout soudoie. Avec un seul objectif : diviser, susciter le trouble.

Face à ce « président qui gouverne », père fondateur du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration « choisie », si le sursaut tarde encore, ce sont les idées mêmes de progrès, d’égalité, de liberté, de fraternité qui sont compromises.

« Taxes » sur la santé, remise en cause du droit de grève, peines plancher, paquet fiscal pour les privilégiés sont au menu de cet été. Où est notre offre alternative ? Où sont les gestes pouvant faire espérer aux Français une vie meilleure si la gauche était au pouvoir ? C’est dans cette France qu’ils nous préparent que grandiront les enfants de demain. Des enfants qui, un jour, poseront cette question lourde de sens : où était la gauche au moment du grand basculement ?

Car il s’agit bien d’un grand basculement institutionnel, économique, social, mais aussi idéologique et culturel, vers un ordre nouveau. C’est l’aboutissement d’une révolution néoconservatrice derrière laquelle une bonne partie de la gauche s’est rangée. C’est cela qui explique en grande partie notre défaite.

Il y a quelques jours, à Strasbourg, Nicolas Sarkozy nous a expliqué que son « traité simplifié » permettrait de lutter « contre le dumping fiscal et monétaire ». Alors que les « opting-out » généralisés et l’absence d’évolutions notoires sur la nature des majorités requises dans les domaines social et fiscal éloignent, au moins autant que la constitution européenne, l’horizon de changements possibles. Et voilà qu’en choeur, n’y trouvant rien à redire, des voix socialistes complexées par le « non » font remarquer que « l’Europe s’est remise en marche », qu’il y a « des avancées ». L’histoire bégaie. Sur le front monétaire, aucun débat, aucune manchette, aucun élément de l’ordre du jour de la réunion de ces « nouveaux pères fondateurs autoproclamés » n’est venu effleurer les statuts de la Banque centrale européenne. Un protocole sur la concurrence est transmis à la CIG, le protocole social attendra. Parti à Bruxelles au nom du peuple français, c’est de Strasbourg que Nicolas Sarkozy se sert de Bruxelles pour mentir au peuple français. Nous n’y trouvons rien à redire.

Tant d’intelligences et de compétences individuelles ne sauraient accoucher d’une telle médiocrité collective. Nous empêcher de prendre rendez-vous avec l’histoire. Nul besoin de « s’aimer les uns les autres », la fraternité laïque des camarades suffira pour porter l’« être durable » face à l’« avoir immédiat », la démocratie sociale face au libéralisme autoritaire, et la réconciliation du progrès avec la marche des hommes vers la dignité et les droits.

En définitive, nous sommes face à un défi majeur : nous dépasser nous-mêmes. C’est une question de survie. L’objet de notre refondation. Vivre nous-mêmes nos valeurs avant d’espérer un jour les faire vivre dans une majorité devrait être notre état d’esprit. Au lieu de cela, nous méprisons le présent et insultons quotidiennement l’avenir.

Le premier coup de pioche de la rénovation est à donner dans l’édifice de nos vicissitudes accumulées.

Nous y croyons. Certains, abdiquant devant ce triste théâtre, diront que c’est dans l’air du temps. Mais l’air du temps, comme disait le poète, « c’est l’ambition des feuilles mortes ». Il nous faut donc travailler, nous respecter, nous remettre debout et avancer. Vivre nos valeurs et cesser de les trahir par nos comportements. Car à l’automne… les feuilles mortes se ramassent à la pelle."

10/07/07

 

C'est une obsession.

Par Julien :: 15/07/2007 à 13:14

Par Julien :: 27/06/2007 à 20:46

site suisse

Par Julien :: 03/10/2006 à 22:16
Sacrésulé - Blog créé avec ZeBlog